Evènement   |  Outils : ,   |  Usages :   |  26 septembre 2010

Bookcamp3 : ePub et OPDS pour créer et cataloguer

Bookcamp 3 - On se présente

Une grande après-midi consacrée au livre numérique samedi 25 septembre 2010, à La Cantine à Paris, sa production, sa publication, sa consommation. Plus de cent personnes. Au sortir, deux ou trois certitudes seulement, technologies et liseuses suffisantes pour que ça démarre, plateformes de distribution mondiales en marche sur le mode rouleau compresseur. Pour tout le reste, modèles économiques, modèles de « consommation », nouvelles façons d’être (ou de ne plus être) lecteur, auteur, libraire, éditeur, bibliothécaire, on est dans le questionnement, le tâtonnement, l’invention, l’expérimentation, la création.

Une douzaine d’ateliers ont eu lieu en trois sessions. J’ai participé aux deux ateliers les plus techniques consacrés à la publication ePub et aux catalogues OPDS. Les autres ateliers étaient orientés usages, création collective, BD, etc.

Atelier « Comment créer en ligne un livre numérique (en ePub ) ? »

La création et la publication d’un livre numérique a pris moins de cinq minutes à Hervé le Crosnier sur la plateforme Polifile que développe C&F Editions. Saisie dans le back-office des chapitres du livre. Structuration. Ajout de photos. Enregistrement au format ePub reconnu par les principales liseuses. Publication. Consultation en direct et aussitôt depuis un iPad. La discussion a pu commencer alors autour d’une série d’interrogations.

Pourquoi ressaisir alors que le texte existe déjà pour d’autres supports ? Certains participants s’interrogent, par exemple pour les éditeurs qui ont des fonds en PDF. Pour Hervé le Crosnier, quand on change de média, il faut ressaisir.

Autre interrogation sur le suivi du livre. Les échanges convergent sur la nécessité pour les entrepreneurs, les médiateurs, les sponsors de mesurer les flux sortants et de s’arrêter là en s’interdisant un tracking sur la lecture elle-même. Toutefois, un participant regrette que le partage autour de la lecture  (notes) ne soit pas davantage mis à contribution pour améliorer l’expérience de lecture.

Le contenu technique du ePub est expliqué par Charline Enée, développeuse de Polifile. Un fichier ePub est une archive ZIP. Il contient un ensemble de fichiers d’organisation et ressources. Tous dans des formats web bien connus : html, css, xml. Deux fichiers ont un intérêt particulier. Le .ndx contient le sommaire. Le fichier .opf contient toutes les ressources physiques utilisées, les images, les feuilles de styles, des polices embarquées, des fichiers audio.

Avantages : tout cela est transportable, manipulable et lisible à peu de frais par des outils web existants ou des dérivés des moteurs de rendu des navigateurs.

Les limitations du format ePub actuel portent sur le non support des auteurs multiples. Il est difficile de l’utiliser pour des revues. Sur son manque d’interactivité qui rendent quasi impossible de faire d’un ebook une application autonome. Il faut pour cela passer à html 5. Enfin, l’inclusion d’audios et a fortiori de vidéos ne rend rien.

Les limitations en qualité typographique sont surtout fixées par les liseuses pas toujours capables de restituer les polices encapsulées dans les ePub. A cet égard, on retrouve des limitations bien connues dans le webdesign.

Autres interrogations sur l’intérêt d’offrir une plateforme de production de livres numériques alors qu’il existe des solutions logicielles. La discussion se concentre sur la nécessité que cela sera pour de nombreuses structures, personnes de pouvoir accéder à de tels services pour aisément créer leurs livres.

La question de l’accessibilité pour les handicapés est a priori traitée via le format DAISY, dont est dérivé ePub.

Atelier « Distribution mobile et protocole OPDS »

Quand on a la chance d’avoir l’un des créateurs d’un protocole sous la main, il ne faut pas laisser passer l’occasion. Hadrien Gardeur de Feedbooks a déjà bien expliqué en ligne dans une introduction à OPDS ce protocole dont le but est de rechercher, présenter, acquérir un livre parmi des collections proposées par des éditeurs, libraires, bibliothèques.

OPDS, un protocole jeune et déjà établi

Le projet de ce protocole est très jeune. Un an et demi. Il se développe dans le cadre de Bookserver avec comme partenaires Internet Archive, O’Reilly, Adobe, Feedbooks, OLPC, Library of Congress, Aldiko. Hadrien fait partie de ceux qui ont écrit la version 1 et il travaille actuellement sur la version 2.

L’idée de base de OPDS est d’aller plus loin que ce qui est offert actuellement par le modèle du mediahub représenté par les couples iTunes/iPod, Amazon/Kindle, Barnes & Nobles et, à venir bientôt, Google Editions. Ce modèle cache la complexité au lecteur mais l’enferme dans une logique propriétaire. Il est limité au seul mode pour lequel il a été conçu : l’acquisition. Il propose une seule façon de naviguer dans les contenus, ne permet ni l’emprunt de livres ni de regrouper les livres acquis à plusieurs endroits différents.

Un an et demi après sa création, OPDS est déjà en production chez Internet Archive (un catalogue de plusieurs millions de titres !), O’Reilly qui fait de la vente avec à travers Stanza et Feedbok qui diffuse deux millions de fichiers par mois via son catalogue à ce format.

Sous le capot d’OPDS, Atom

OPDS est basé sur Atom. Plus exactement AtomPub.

Deux flux aux rôles très différents sont définis dans un catalogue au format OPDS et reconnus par les clients OPDS :

  • un flux navigation où chaque catégorie est une entrée avec une description et un lien vers un autre flux, a priori lui aussi OPDS,
  • un flux acquisition où sont listés les contenus, les objets que je peux acquérir.

On distingue aussi deux types d’entrées :

  • Liens du catalogue qui renvoie vers une entrée de catalogue. Pratiquement, c’est un hyperlien accompagné d’une description.
  • Publications : chaque entrée va décrire une publication avec un lien d’acquisition permettant emprunt, abonnement, téléchargement, achat, open access. Si un ouvrage peut être acquis de plusieurs façons, il y a autant d’entrées.

Les fonctionnalités potentielles

OPDS a du potentiel. En plus de sa fonction de navigation dans le catalogue, il prévoit le support de la recherche à la OpenSearch, le placement de liens dans les publications, une hiérarchie libre. Atom permettant l’extension du vocabulaire, on peut envisager de créer des catalogues spécialisés, y compris en dehors du livre numérique.

De nouvelles applications côté client se profilent. A titre d’exemple, Hadrien cite la possibilité de mémoriser le flux de toutes ses acquisitions, quelles que soient leurs sources, pour pouvoir y naviguer. Donc de se créer sa propre bibliothèque (au sujet du terme « bibliothèque », dans un des derniers ateliers de la journée, Hervé le Crosnier remarquera la polysémie du terme et la nécessité de distinguer les différents sens lorsqu’on l’emploie dans nos discussions ou projets).

La navigation par facettes n’a pas été formalisée dans le protocole (les expériences dans ce domaine sur des catalogues en ligne sont rares), toutefois il la supporte.

Aujourd’hui, revues.org est un des rares français à avoir un catalogue sérieux (pour l’utiliser, voir le tuto sur http://leo.hypotheses.org/5324 )

Atelier « Et on donne à manger quoi ? »

Bookcamp 3La journée s’est terminée pour une bonne partie des participants par un atelier proposé par François Bon sur l’amont : textes, relations auteurs/éditeurs, abonnement, etc.

Xavier Cazin et Julien Boulnois de Immatériel ont présenté la version presque finalisée de l’évolution de leur plateforme. Elle favorise la lecture en ligne pour l’utilisateur abonné qui peut littéralement se promener (naviguer) dans la librairie ou la bibliothèque reposant sur cette plateforme (utilisée entre autres par la librairie numérique développement durable vitacogita.fr) et feuilleter ce qui lui fait envie. L’objectif est de favoriser la découverte de nouveaux livres.

La discussion (impossible à résumer ici) porte ensuite sur les freins à l’accès à son domicile aux livres numériques des bibliothèques publiques (alors que c’est en place en Angleterre). Sur la mise en visibilité auprès des lecteurs des productions au format numérique (éditées à compte d’éditeur ou auto éditées) et sur l’importance pour cela du facteur humain en plus du travail technique sur les plateformes. Pour François Bon, cela passe par le travail des auteurs dans leur réseau, leurs blogs. Pour nombre de participants par les avis des lecteurs dans les réseaux sociaux. D’où pour Hervé le Crosnier la valeur que vont prendre  dans l’économie du numérique les liens raccourcis qui en fait sont des recommandations.

 

 

2 Comments

  1. admin
    Posted 26 septembre 2010 at 17 h 40 min | Permalink

    test

  2. Posted 18 octobre 2010 at 11 h 05 min | Permalink

    Merci pour votre commentaire sur http://cartoonsbyfix.com/news/bookcamp-paris-bookcamp3-partie-6

    N’hésitez pas à « RT » :-) (widget en haut de la page)

3 Trackbacks

  1. [...] : http://www.glunet.com/bookcamp3-epub-opds/ Faites tourner l'info [...]

  2. [...] qui voudraient n’en rien rater, Pierre Ménard a enregistré en audio toute la conférence. Voir aussi le compte rendu de Gilles Bertin, et même s’il n’y était pas, l’excellent billet de Thierry Crouzet sur comment [...]

  3. By CELIC » Ce qu’il faut retenir du Bookcamp3 on 12 octobre 2010 at 8 h 58 min

    [...] ceux qui voudraient n’en rien rater, Pierre Ménard a enregistré en audio toute la conférence. Voir aussi le compte rendu de Gilles Bertin, et même s’il n’y était pas, l’excellent billet de Thierry Crouzet sur comment transformer [...]

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